Dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, la route Eringeti-Kainama se trouve en très mauvais état. Sur les 38 kilomètres qui la composent, les usagers déclarent désormais passer une journée entière pour le même trajet qui ne prenait que trois à quatre heures auparavant, selon la société civile locale. Cette détérioration impacte non seulement le transport des produits agricoles, mais aussi les déplacements quotidiens des habitants, certains étant obligés de passer la nuit en chemin.
Le revêtement est criblé de bourbiers, des ravins traversent la chaussée et les systèmes de drainage sont insuffisants. À cela s’ajoute la suspension de l’entretien manuel : les cantonniers ont arrêté leurs activités après plusieurs mois d’arriérés de salaire. Cette absence de maintenance accentue les dégradations et crée un cercle vicieux.
La société civile demande la passation de la maintenance à un opérateur disposant de moyens techniques et financiers suffisants pour réhabiliter la voie et garantir un entretien régulier. L’opérateur actuellement en charge reconnaît les difficultés, invoquant le manque de ressources et les pannes fréquentes de ses engins, tout en promettant une relance des travaux dans les semaines à venir, sans préciser de date.
Cette route constitue le principal axe d’évacuation des productions du groupement de Banande-Kainama vers les marchés. Elle assure également la liaison entre le Nord-Kivu et l’Ituri, par le sud du territoire d’Irumu. Son mauvais état retarde les livraisons et freine la commercialisation des récoltes, nuisant ainsi à l’économie locale.
Perspectives et besoins
Pour restaurer la fluidité du trafic et soutenir l’agriculture locale, il faut mobiliser des financements adéquats et rétablir le paiement des cantonniers. Un suivi rigoureux de la réhabilitation et un dispositif de maintenance durable sont indispensables pour éviter la réapparition de ces problèmes.