Les sénateurs américains Jeff Merkley et Marsha Blackburn ont officiellement interpellé la National Basketball Association (NBA) concernant ses accords commerciaux avec le Rwanda. Selon ces élus, la ligue doit mettre un terme à sa collaboration avec le gouvernement de Kigali, accusé de nourrir l'instabilité sécuritaire dans la partie orientale de la République démocratique du Congo. Ils estiment que la NBA ne peut pas continuer à valoriser un régime responsable de violations des droits humains.
Face à la pression, la ligue a récemment exclu l'équipe de l'Armée Patriotique Rwandaise (APR) de ses compétitions. Cette décision vise à aligner ses activités sur la politique étrangère américaine, qui renforce actuellement les sanctions contre le Rwanda pour son rôle dans le conflit congolais. Le sénateur Jeff Merkley a toutefois jugé cette mesure insuffisante, qualifiant la position de la ligue d'incohérente face à la réalité du terrain. Pour lui, il est contradictoire de renforcer les sanctions diplomatiques tout en consolidant des partenariats économiques avec les autorités visées.
Un partenariat sous surveillance
Depuis 2020, la NBA collabore étroitement avec le Rwanda dans le cadre de la Basketball Africa League (BAL). Cette compétition organise systématiquement ses phases finales à Kigali, au sein de la Kigali Arena. Cette infrastructure sportive, inaugurée en 2019, représente un investissement de 104 millions de dollars. Sa construction, réalisée en un temps record de six mois, symbolise l'ancrage du basket-ball dans la stratégie d'image du pays. Les sénateurs demandent désormais à la NBA de clarifier ses engagements et de cesser de récompenser ce qu'ils qualifient de dictature.