Depuis le 4 novembre 2026, Abidjan accueille la 34e session ordinaire du Conseil des ministres d'AfricaRice. La République démocratique du Congo, qui assure la présidence en exercice de l'organisation depuis le début de l'année, dirige les travaux. La délégation congolaise est conduite par la professeure Marie-Thérèse Sombo, ministre de l'Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations. Elle est accompagnée du secrétaire général à la Recherche scientifique, du directeur général de l'Institut national pour l'étude et la recherche agronomiques (INERA) et d'un expert technique.
Le thème central de cette rencontre porte sur le renforcement de la compétitivité et de la commercialisation du riz produit sur le continent. Pour Kinshasa, ces assises constituent une opportunité stratégique. Le ministère de tutelle ambitionne de transformer la coopération scientifique africaine en un levier concret pour la sécurité alimentaire. L'objectif affiché est de redynamiser l'INERA et d'impulser une nouvelle dynamique à la filière rizicole nationale. AfricaRice, en tant que centre panafricain, se concentre sur la recherche scientifique, le développement de la riziculture et le renforcement des capacités agricoles, des axes que la RDC souhaite intégrer pleinement dans sa politique nationale.
Défis structurels et ambitions pour l'INERA
La volonté de réforme de l'INERA intervient dans un climat marqué par des difficultés persistantes pour l'institut. L'établissement fait face à des procédures judiciaires complexes liées à la spoliation de son patrimoine foncier. En décembre 2025, la ministre Sombo s'était rendue à Lubumbashi pour traiter ce dossier sensible. Par ailleurs, le centre scientifique de Yangambi, situé dans la province de la Tshopo, a subi un vol dans son coffre-fort en septembre 2025, un incident qui a marqué les esprits.
Ces obstacles n'occultent pas les investissements en cours pour moderniser la recherche. Le site de Yangambi bénéficie d'un financement belge de 4 millions d'euros pour la deuxième phase de son projet de développement. Parallèlement, le gouvernement congolais a alloué 2 millions de dollars au projet de riziculture de Masina. Malgré ces efforts financiers, les chiffres récents sur la production rizicole nationale ne sont pas encore disponibles. La ministre, qui a placé la recherche scientifique au cœur de ses priorités dès février 2026, entend utiliser les résolutions d'Abidjan pour assainir et renforcer l'appareil de recherche agronomique congolais. La durée de la session, le nombre d'États représentés et les détails précis de l'ordre du jour n'ont pas été communiqués par les services officiels.