Le gouvernement congolais a officiellement initié, ce jeudi 5 novembre à Kinshasa, un vaste chantier de modernisation axé sur deux piliers : la numérisation des recettes judiciaires et la mise en réseau des institutions du secteur. Cette opération concerne directement les tribunaux, les parquets ainsi que les centres pénitentiaires à travers le pays. L'objectif est de substituer progressivement les anciennes méthodes manuelles de perception par un dispositif numérique sécurisé, permettant une traçabilité totale des transactions financières. Les autorités pourront désormais suivre en temps réel les montants collectés, identifier précisément les juridictions émettrices et vérifier chaque opération effectuée.
Parallèlement à ce volet financier, une infrastructure informatique commune sera déployée pour relier entre eux les différents services judiciaires et carcéraux. Cette interconnexion vise à fluidifier la coordination entre les institutions, assurer une continuité de service sans rupture et garantir que les données soient disponibles de manière centralisée et sécurisée. Le projet est piloté par le ministère de la Justice, avec l'accompagnement technique du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le soutien financier de l'Union européenne.
Un impact direct pour les usagers
Au-delà de la gestion administrative, cette réforme ambitionne de transformer le quotidien des justiciables. Les citoyens devraient accéder à des processus de paiement simplifiés, rapides et transparents, tout en disposant d'une meilleure lisibilité sur les frais légalement dus. Cette dématérialisation doit permettre de limiter drastiquement les risques de surfacturation illicite, les paiements irréguliers et la perte des preuves de transaction. En renforçant la clarté des services, le gouvernement espère restaurer la confiance de la population envers l'appareil judiciaire, le rendant plus accessible et redevable.
Pour garantir la réussite de ce déploiement, un programme de formation spécifique sera dispensé aux utilisateurs de ces nouveaux outils. Des mécanismes de maintenance technique seront mis en place, couplés à un renforcement des compétences des équipes informatiques au sein du ministère de la Justice et des structures bénéficiaires. Le suivi opérationnel s'appuiera sur des indicateurs précis, notamment le nombre de sites connectés au réseau, la part des paiements numérisés, le volume global des recettes sécurisées, ainsi que l'évolution des délais de traitement des dossiers et le niveau de satisfaction des usagers.
Une gouvernance portée par l'État et ses partenaires
La cérémonie de lancement a été dirigée par Guillaume Ngefa Atondoko Andali, ministre d'État et Garde des Sceaux. Étaient également présents Augustin Kibassa Maliba Lubalala, ministre de l'Économie numérique, Douglas Darius Carpenter, ambassadeur de l'Union européenne en RDC, et Kamil Kayode Kamaluddeen, représentant résident du PNUD, entourés de plusieurs hauts responsables du secteur judiciaire et pénitentiaire. Pour le Garde des Sceaux, cette initiative constitue un tournant décisif dans la lutte contre les pratiques opaques qui nuisent à la crédibilité du système.
De leur côté, les partenaires internationaux ont réaffirmé leurs engagements respectifs. L'Union européenne entend poursuivre son soutien aux réformes visant à consolider l'État de droit et à améliorer la qualité de la justice pour tous. Le PNUD, quant à lui, confirme sa volonté d'appuyer l'État congolais dans la création de solutions numériques durables et inclusives, en mettant l'accent sur l'appropriation locale des outils et la pérennité des investissements. Cette étape marque le début d'une transformation numérique profonde, destinée à assainir la gestion des fonds publics et à élever les standards de service dans l'administration judiciaire.