Les habitants de Nyaleke, localité située à une quinzaine de kilomètres de Beni dans le Nord-Kivu, font face à une situation sanitaire critique. Depuis la destruction de leur unique poste de santé en 2016 lors d'attaques attribuées aux rebelles des ADF, aucun établissement médical n'a été réhabilité ou remplacé. Cette carence dure depuis dix ans, laissant la population sans accès immédiat aux soins de proximité.
Pour recevoir des soins médicaux, les résidents doivent se déplacer vers d'autres zones. Le centre de santé le plus accessible se trouve à Paida, à environ sept kilomètres de distance. Cette contrainte géographique pèse particulièrement sur les femmes enceintes. Elles sont obligées de parcourir ce trajet, ou de se diriger vers le centre de santé de Munzambayi, pour assurer le suivi de leurs consultations prénatales et leurs accouchements. Cette situation a été signalée par des sources locales le samedi 31 octobre 2026.
Des démarches administratives en attente
Face à ce constat, Fabien Bakokoli Alisabiya, chef de la localité, tente de mobiliser les autorités. Il a multiplié les courriers et les appels pour solliciter la construction d'un dispensaire adapté aux besoins de la population. Le mois dernier, il s'est rendu à Paida pour échanger avec le comité de santé local, abordant à la fois la question de l'accès à l'eau potable et celle de l'infrastructure médicale nécessaire.
Le chef de localité précise qu'une demande officielle visant à identifier une parcelle pour accueillir ce projet a bien été formulée. À ce jour, ces démarches n'ont cependant abouti à aucune solution concrète sur le terrain. Le chef de l'aire de santé de Paida confirme que les plaidoyers se poursuivent activement auprès des autorités compétentes et des partenaires potentiels. L'objectif reste d'apporter une réponse durable à ce désert médical qui dure depuis une décennie.