Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a profité de son déplacement à Londres dans le cadre du Forum RDC-Royaume-Uni pour s'adresser à la communauté congolaise. Au cœur de son intervention, la dégradation de la situation sécuritaire dans l'Est du pays et l'émergence du Front pour la refondation de la nation (FRN). Le porte-parole du gouvernement a dénoncé avec fermeté l'alignement de l'ancien chef de l'État, Joseph Kabila, avec cette coalition, qualifiant ses dix-huit années au pouvoir de période marquée par l'occupation et une complaisance constante envers les agresseurs du pays.
Le ministre a souligné le paradoxe de voir l'ancien commandant suprême des forces armées collaborer avec des figures qu'il combattait autrefois. Il a notamment pointé du doigt la présence de Sultani Makenga, autrefois exclu de l'armée, qui assure désormais la sécurité de l'ancien président. Selon Patrick Muyaya, cette alliance s'apparente à une seconde vague d'agression visant à neutraliser les efforts de souveraineté nationale entamés par la RDC. Il a rappelé le sacrifice de figures militaires héroïques comme Mamadou Ndala, contrastant leur engagement avec la posture actuelle de l'ancien président.
Une stratégie en cinq fronts
Face à ces défis, le gouvernement congolais maintient sa détermination à protéger l'intégrité du territoire. Patrick Muyaya a détaillé la stratégie officielle articulée autour de cinq axes principaux : militaire, diplomatique, économique, judiciaire et médiatique. Le porte-parole a affirmé que des avancées ont été enregistrées sur chacun de ces fronts, malgré l'occupation persistante d'une partie du territoire national par des forces hostiles.
Le Front pour la refondation de la nation (FRN), né le 12 octobre 2026 à Goma, cristallise les tensions actuelles. Ce mouvement politico-militaire, qui succède à l'AFC/M23, bénéficie du soutien du Rwanda. Joseph Kabila Kabange en assure la présidence, assisté par Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa en qualité de vice-présidents. L'organigramme inclut également Emmanuel Sultani Makenga, qui conserve ses responsabilités de chef d'état-major général de la branche armée, tout en détenant le rang de vice-président.
La structure dirigeante du FRN comprend par ailleurs Freddy Kaniki au secrétariat général, tandis que Benjamin Mbonimpa, ancien négociateur de l'AFC/M23 pour le processus de paix de Doha, occupe le poste de secrétaire général adjoint. Désiré Rukomera a été nommé secrétaire permanent du Collège des fondateurs. Cette mutation intervient alors que les efforts diplomatiques internationaux, notamment les processus de Washington et de Doha soutenus par l'Union africaine, peinent à stabiliser la région. Les divergences persistent entre Kinshasa et les acteurs impliqués concernant les modalités d'un dialogue national axé sur la paix et la refondation institutionnelle.