Mateus Kanga, président de l'Assemblée provinciale de la Tshopo, a officiellement saisi le Président de la République pour demander un report de l'interdiction des baleinières en bois. Cette démarche fait suite à une directive du 28 octobre 2026, émise par la Cheffe de Division provinciale des Transports, elle-même alignée sur les instructions du Vice-Premier Ministre, Ministre des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, ainsi que sur un communiqué du Secrétariat général du secteur daté d'octobre 2026.
L'Assemblée provinciale soutient l'objectif de sécurité fluviale et la fin des naufrages fréquents. Toutefois, elle conteste la brutalité de la mise en œuvre. Si l'interdiction du transport de personnes par ces embarcations en bois est acceptée, celle concernant le transport de marchandises est jugée prématurée. Mateus Kanga réclame une période de transition d'au moins douze mois pour permettre aux opérateurs économiques locaux de s'adapter.
Une transition nécessaire pour la Tshopo
La requête repose sur trois constats critiques. Premièrement, la province dépend quasi exclusivement du trafic fluvial pour son approvisionnement. Deuxièmement, il n'existe actuellement aucune flotte de remplacement composée d'embarcations métalliques. Enfin, une application immédiate, prévue pour le 15 novembre 2026, menace de provoquer une crise sociale majeure dans la région.
Une première tentative de dialogue, entamée le 14 octobre dernier auprès du ministère national des Transports, n'a reçu aucune suite. Face à cette absence de réponse, l'organe délibérant provincial s'en remet directement au Chef de l'État. La demande vise à obtenir une instruction gouvernementale pour suspendre la mesure dans les provinces enclavées, le temps de mettre en place un plan de transition viable.
Ce plan, selon Mateus Kanga, devrait inclure un recensement précis des embarcations, une amélioration des normes de sécurité et un soutien financier ou logistique aux exploitants pour l'acquisition de baleinières métalliques. Le président de l'Assemblée provinciale insiste sur la nécessité d'anticiper les conséquences économiques plutôt que de subir une crise, soulignant la responsabilité des autorités face à cette échéance du 15 novembre 2026.