Le gouvernement congolais, via le ministère de la Justice, a décidé de suspendre l'admission de nouveaux prisonniers à la centrale de Makala, sauf en cas de dérogation exceptionnelle. Conçue pour 1 500 détenus, la prison accueille aujourd’hui plus de 16 000 personnes, d’après les chiffres officiels. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de surcharge chronique qui touche plusieurs établissements pénitentiaires du pays.
Les autorités invoquent des motifs de sécurité, d’hygiène et de respect des droits humains pour justifier la suspension. Elles soulignent que les conditions de détention sont devenues critiques, augmentant les risques de contagion et d’émeutes. La décision est présentée comme temporaire, en attendant des solutions plus structurelles.
L’Association africaine des droits de l’homme (ASADHO) et la Fondation Bill Clinton pour la paix (FBCP) ont salué l’initiative, tout en rappelant qu’elle ne constitue pas une réponse durable. Les deux organisations demandent des réformes profondes : contrôle renforcé de la magistrature, fermeture des cachots clandestins et élaboration d’une politique de désengorgement pérenne.
Parmi les voix locales, Marcel Matumpa, député de Muanda (Kongo-Central) et rapporteur adjoint d’une commission parlementaire, a appelé à une analyse globale du système pénitentiaire. Emmanuel Adu Cole, président de la FBCP, et Désiré Simbi Chambali, à la tête du groupe d’experts pénitentiaires, ont également souligné la nécessité de réformes structurelles pour améliorer durablement les conditions carcérales.
Perspectives de réformes
Les experts recommandent d’instaurer un suivi judiciaire plus strict, de réduire les détentions préventives et de développer des alternatives à l’incarcération. La mise en place de programmes de réinsertion et l’augmentation des capacités d’accueil sont également évoquées comme leviers pour alléger la pression sur les établissements existants.