Jean Thierry Monsenepwo clarifie la position du Chef de l'État face aux critiques sur la Constitution de 2006. Selon lui, il existe une confusion manifeste entre le respect scrupuleux d'un texte et son approbation totale. Le serment prêté par Félix Tshisekedi l'oblige à protéger la Constitution actuelle, mais ne lui interdit nullement de vouloir l'améliorer ou de la juger perfectible. Il compare cette posture à celle d'un magistrat qui applique une loi tout en préconisant son amendement.
Le Président du Conseil d'Administration s'appuie sur l'article 218 de la loi fondamentale pour justifier cette initiative. Cet article accorde explicitement au Président, au Gouvernement, au Parlement et au peuple la prérogative de proposer une révision constitutionnelle. Pour Monsenepwo, contester le droit du Président à proposer ces changements revient à nier une disposition prévue par le texte lui-même. Il précise que la véritable incohérence résiderait dans une violation de la Constitution, et non dans une volonté de la réformer en suivant les procédures légales établies.
Pour illustrer son propos, il évoque le parcours de François Mitterrand en France. Avant son élection en 1981, l'ancien président français avait vivement critiqué les institutions de la Ve République dans son ouvrage "Le Coup d'État permanent", publié en 1964. Malgré ses critiques initiales, Mitterrand a exercé ses fonctions sous ce régime pendant quatorze ans, affirmant que les institutions, bien que non conçues pour lui, s'adaptaient à son exercice du pouvoir. Cette référence sert à démontrer qu'une critique préalable n'empêche pas une gouvernance respectueuse des textes en vigueur.
Enfin, Jean Thierry Monsenepwo appelle à recentrer le débat national. Il juge préférable de discuter du contenu réel des réformes envisagées plutôt que de contester la légitimité du Président à vouloir modifier la Constitution. Il souligne l'importance de maintenir le respect des limites constitutionnelles, en citant particulièrement les dispositions de l'article 220.