Arrivé au sommet de l'État en 1965 suite à un coup d'État sans effusion de sang contre Joseph Kasa-Vubu, Mobutu Sese Seko a marqué l'histoire du continent africain par un règne sans partage. Son pouvoir s'est effondré de manière soudaine après des décennies de contrôle absolu sur le Zaïre.
Popularisé par la doctrine d'authenticité lancée en 1971, l'ancien chef de l'État a bénéficié d'un fort soutien populaire avant de faire face à une crise majeure dans les années 1990. Les pillages de 1991 et 1993, menés par des militaires réclamant leurs soldes, ont dévasté le tissu économique national et précipité le déclin du régime.
Malade et chassé par les troupes de l'AFDL conduites par Laurent-Désiré Kabila en mai 1997, Mobutu s'est réfugié à Rabat. Abandonné par ses alliés occidentaux après le blocage du processus démocratique initié en avril 1990, il a reçu l'asile du roi Hassan II du Maroc.
Un exil médical et une inhumation discrète à l'étranger
À l'âge de 66 ans, Mobutu est mort le 7 septembre 1997 au sein de l'hôpital militaire de Rabat des suites d'un cancer de la prostate. L'ancien dirigeant avait auparavant suivi des soins en Suisse et en France au cours de l'année 1996 avant de s'installer en Afrique du Nord.
L'inhumation s'est déroulée dans la confidentialité au cimetière chrétien de la capitale marocaine, en présence de quelques intimes. Jusqu'à ce jour, sa dépouille repose toujours au Maroc malgré les promesses de rapatriement formulées par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à sa famille.
Cette promesse visait à organiser un retour similaire à celui de Patrice Emery Lumumba, premier Premier ministre du Congo indépendant. Malgré ce projet, le corps du Maréchal n'a toujours pas été ramené sur le sol national.
Un héritage sans hommage officiel mais marqué par les grands travaux
Le 7 septembre demeure une journée de travail ordinaire en République démocratique du Congo, où aucun hommage public n'est rendu. Le pays ne compte aucune statue officielle à l'effigie de l'ancien président, à l'exception d'un buste en bronze érigé en 2021 devant la mairie de Gbadolite par une fondation privée.
L'empreinte du règne de Mobutu reste néanmoins visible dans le paysage urbain et architectural du pays. Plusieurs ouvrages majeurs construits sous son mandat continuent de servir la population au quotidien.
Des réalisations telles que le stade des Martyrs, l'échangeur de Limete, la tour de la RTNC à Kinshasa ou le pont Maréchal dans le Kongo Central rappellent régulièrement cette période de l'histoire congolaise aux jeunes générations.