Le 3 novembre 2026, une délégation du Front pour la refondation de la nation (FRN) a tenu une séance de travail à Goma avec le chef de la MONUSCO, l’ambassadeur James Swan. Cette rencontre réunissait des figures de proue du mouvement, dont l’ancien président Joseph Kabila, Corneille Nangaa et Moïse Nyarugabo. Les discussions ont porté sur l’instabilité sécuritaire dans l’Est du pays, le respect du processus de paix de Doha, le suivi du cessez-le-feu et les interrogations du FRN sur l’évolution constitutionnelle.
Bertrand Bisimwa, vice-président du FRN, a exposé à la délégation onusienne les griefs de son mouvement concernant la stratégie militaire actuelle des autorités de Kinshasa. Selon lui, le gouvernement multiplie les offensives sur plusieurs fronts, contredisant les engagements pris lors des négociations de Doha. Le FRN pointe du doigt une coalition composée des FARDC, des Wazalendo, de l’armée burundaise et de mercenaires, particulièrement active dans le Sud-Kivu et le Nord-Kivu.
Une cartographie des zones de tension
Le mouvement a dressé un état des lieux précis des zones où les affrontements se sont intensifiés ces derniers jours. Dans le Sud-Kivu, les territoires de Fizi, Mwenga, Shabunda, Walungu, Uvira et Kalehe sont cités comme des points de friction majeurs. Le FRN rapporte des attaques récentes sur les axes Katogota-Luvungi, Mwenga-Kasika, ainsi que sur les routes de Shabunda et Bunyakiri. La situation est jugée critique dans le parc national, où des combats ont été signalés le matin même de la rencontre.
Dans le Nord-Kivu, les axes Walikale, notamment vers Kinyumba, ainsi que les secteurs de Pinga-Mpeti et Lubero-Katondi sont également le théâtre d’une reprise des hostilités. Le FRN souligne l’usage de drones et le déploiement de troupes au sol dans des zones qui étaient pourtant relativement stables. Les localités de Point Zéro et Rugezi, sur l’axe Minembwe, subissent des bombardements continus depuis la nuit précédant l’entretien, aggravant le bilan humain.
Crise humanitaire et impasses diplomatiques
Bertrand Bisimwa a insisté sur la dégradation de la situation humanitaire, particulièrement dans les hauts plateaux du Sud-Kivu. Le blocus imposé autour de Minembwe empêche l’accès aux soins et à la nourriture, entraînant des décès parmi les civils et les blessés faute de médicaments. Le FRN affirme que les efforts de paix sont ignorés par Kinshasa, dont l’objectif affiché serait la reconquête des villes de Goma et de Bukavu par la force.
Face à ce constat, le mouvement a sollicité l’intervention de la MONUSCO pour relayer ces préoccupations auprès du Conseil de sécurité des Nations unies. Le FRN considère l’ambassadeur James Swan comme le canal diplomatique nécessaire pour alerter la communauté internationale sur l’incapacité des acteurs locaux à protéger les populations civiles dans ce contexte de conflit ouvert. Cette réunion marque un tournant dans les contacts entre la mission onusienne et le FRN, succédant aux échanges précédents avec la coalition AFC/M23.