Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a dirigé une séance de travail le 3 novembre 2026. Cette rencontre, qui s'est tenue à Kinshasa, a réuni une délégation française ainsi que la ministre d’État aux Affaires sociales, Ève Bazaiba. Des experts en sécurité étaient également présents pour examiner les enjeux liés au renouvellement du mandat de la MONUSCO, dont l'expiration est fixée au 20 décembre 2026.
L'objectif affiché par les autorités congolaises est d'harmoniser les points de vue avec la France. Kinshasa insiste pour que le prochain mandat de la mission onusienne prenne en compte les besoins humanitaires critiques des populations civiles, victimes de la guerre d’agression qui frappe l’est du pays. Les deux parties ont exprimé leur volonté de maintenir un dialogue constant sur ce dossier sécuritaire majeur.
Un calendrier diplomatique sous tension
Le choix de la France comme interlocuteur est stratégique. Paris siège en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, l'organe décisionnel qui votera le renouvellement du mandat. Par ailleurs, la France préside le Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs. Ce groupe a récemment pris position, le 30 octobre, contre la poursuite d’objectifs politiques par la force, visant directement le Front pour la refondation de la nation. Cette déclaration intervient dans un contexte complexe, alors que la MONUSCO a fait état de contacts avec ce même groupe à Goma.
La pression temporelle est réelle. À la date de la rencontre du 3 novembre, il ne restait que quarante-sept jours avant l'expiration du mandat actuel. Kinshasa avait déjà amorcé ses démarches le 22 octobre dernier lors d'une réunion avec la délégation de James Swan, où la protection des civils avait été définie comme la priorité absolue. La présence d’Ève Bazaiba lors des échanges avec la délégation française confirme la volonté du gouvernement de ne pas traiter le volet humanitaire comme une question secondaire, mais bien comme un élément central de la négociation.
Des indicateurs humanitaires alarmants
Les données disponibles justifient l'urgence de cette requête congolaise. Au cours du troisième trimestre, l’ambassade britannique a rapporté une augmentation de 500 000 personnes en situation d’urgence alimentaire dans l’est de la RDC. Le nombre de ménages affectés par des déplacements forcés s'élève à 277 461. Sur le plan sécuritaire, l’envoyé spécial des Nations unies a documenté 2 186 violations des droits humains sur une période de six mois devant le Conseil de sécurité. Dans le même temps, l’ambassadeur américain Jeffrey A. Bartos a appelé Kinshasa et Kigali à respecter scrupuleusement le cessez-le-feu.
Le calendrier national congolais s'articule également autour de cette échéance onusienne. La XIIIᵉ Conférence diplomatique se déroulera à Kinshasa du 7 au 11 décembre 2026, soit neuf jours avant la fin du mandat de la MONUSCO. Malgré ces enjeux, les détails concernant la composition de la délégation française, son niveau hiérarchique ou sa provenance géographique n'ont pas été communiqués par le ministère. Aucun compte-rendu officiel n'a été publié par les autorités françaises à l'issue de cette séance de travail.