Le député national Garry Sakata a présenté, le 3 novembre 2026, les contours de sa proposition de loi contre le tribalisme et la xénophobie. L'objectif principal est d'empêcher les ministres de choisir un directeur de cabinet originaire de la même province qu'eux. Cette mesure, détaillée lors d'un échange public, vise à instaurer une forme de mixité géographique obligatoire dans les postes de haute responsabilité politique.
L'article 9 de ce texte impose des restrictions strictes à plusieurs échelons de l'administration. Au niveau national, un ministre ne pourra pas recruter un chef de cabinet provenant de sa province d'origine. Cette règle s'applique également aux gouverneurs, qui ne pourront pas sélectionner un collaborateur issu du même territoire, ainsi qu'aux administrateurs de territoire et chefs de secteur, contraints de recruter en dehors de leur zone géographique immédiate.
Vers une régulation des quotas par décret
Initialement, le projet de loi prévoyait un plafond rigide de 30 % pour les membres d'un même cabinet issus d'une même tribu ou province. Garry Sakata a finalement modifié cette approche après des consultations avec divers acteurs. La loi posera désormais le principe de représentativité, tout en déléguant au Premier ministre ou aux gouverneurs, selon le cas, la responsabilité de fixer les proportions exactes par décret.
Le non-respect de ces quotas sera sanctionné pénalement. L'article 27 du texte définit une nouvelle infraction baptisée « abus de pouvoir tribal ». Les contrevenants s'exposent à une peine de six à douze mois de prison, assortie d'une amende de 10 millions de francs congolais.
Le député rejette les critiques suggérant que cette loi sacrifierait la compétence sur l'autel de l'origine tribale. Il affirme que les 26 provinces du pays disposent de cadres qualifiés. Il s'appuie sur la législation actuelle des partis politiques, qui impose déjà une représentativité nationale, pour justifier la capacité des formations politiques à dénicher des talents sur l'ensemble du territoire.
Concernant l'application de ces règles à la Présidence de la République et au Parlement, Garry Sakata estime qu'elles devraient s'y appliquer logiquement. Il cite en exemple le chef de l'État, dont les directeurs de cabinet n'ont, selon lui, jamais été originaires de sa propre province. Le député n'a toutefois pas précisé les modalités techniques permettant de prouver l'appartenance tribale d'un individu, une question qui reste posée dans le débat public.