Deux mille opérateurs cartographes, formés par l'INS et le BCR, arpentent actuellement les quatre districts de Kinshasa. Équipés de matériel technologique récent, ces agents identifient et géolocalisent chaque bâtiment, parcelle et ménage. Ce travail de terrain minutieux sert à définir les aires de dénombrement nécessaires au Recensement Général de la Population et de l'Habitat (RGPH-2), programmé pour juillet 2027.
Les équipes font face à des obstacles logistiques notables dans la capitale. Elles doivent naviguer dans des zones marécageuses et gérer l'absence fréquente des occupants lors de leur passage, ce qui multiplie les allers-retours. L'instabilité du réseau électrique complique également la recharge quotidienne des tablettes et des batteries externes utilisées pour la collecte des données.
Une planification sanitaire basée sur des données réelles
Malgré ces contraintes, les agents maintiennent le cap pour établir une cartographie fiable du territoire national. Cette base de données est cruciale pour les pouvoirs publics, car elle permet d'orienter les politiques de développement avec précision. La démographe Jacky Kwabe souligne que cette démarche est indispensable pour la réussite de la Couverture Santé Universelle (CSU).
Connaître la densité réelle de la population est un prérequis pour implanter des infrastructures de soins là où les besoins sont avérés. Il est impossible de dimensionner ou de construire un hôpital sans disposer de statistiques fiables sur le nombre d'habitants à desservir. Ces travaux cartographiques offrent donc une opportunité concrète d'améliorer l'accès aux services de santé sur l'ensemble du territoire.