Le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a officialisé le 4 novembre 2026 la fin d'une Masterclass dédiée à l’intelligence artificielle pour les cadres de la REGIDESO. Cette formation, pilotée par l’Agence pour le développement du numérique, s'inscrit dans le cadre de la stratégie nationale « RDC Nation Digitale 2030 ». L'objectif affiché est clair : transformer les outils numériques en leviers concrets pour améliorer la gestion interne, optimiser les processus opérationnels et hausser la qualité de la distribution d'eau potable sur l'ensemble du territoire.
Cette montée en compétence survient dans un contexte financier favorable pour la régie. Pour l'exercice 2025, la société a enregistré un chiffre d’affaires de 499,9 milliards de francs congolais, générant un résultat net de 56,3 milliards. Ce bilan marque un retournement spectaculaire après une perte de 71,9 milliards de francs congolais en 2023. Malgré ce redressement, la situation reste fragile : l'État n'a réglé que 24,4 milliards sur une dette cumulée de 1 091,9 milliards de francs congolais envers l'entreprise, et neuf centres d'exploitation demeurent inactifs en raison du conflit armé.
Des défis opérationnels majeurs
Les cadres formés devront désormais appliquer ces outils technologiques à des réalités de terrain complexes. À Kindu, dans le Maniema, le réseau actuel ne couvre qu'un habitant sur dix, alors que les besoins quotidiens atteignent 9 700 mètres cubes. La situation est plus critique dans la province de l’Équateur, où la couverture en eau potable plafonne sous la barre des 3 %, avec une production limitée à cinq heures par jour, cinq jours par semaine, à Mbandaka. À Mbuji-Mayi, les données de mars 2024 révélaient une production couvrant seulement 2,8 % des besoins d'une population dépassant 2,8 millions d'habitants.
Le ministre Sakombi Molendo, qui avait fait de l'accès à l'eau et à l'électricité sa priorité lors de sa prise de fonction le 13 août 2025, cherche par cette initiative à combler un déficit structurel important. À l'époque, le manque à gagner en électricité était évalué à plus de 2 000 mégawatts. Quinze mois plus tard, le numérique est présenté comme la solution pour optimiser des ressources limitées. Cette démarche s'aligne sur les orientations gouvernementales récentes, notamment l'appel de la Première ministre Judith Suminwa en octobre dernier pour des investissements privés dans les infrastructures numériques, ainsi que le lancement du système d'identité nationale RDC-Pass en juin 2026. Si la volonté politique est affichée, les détails opérationnels comme le nombre précis de cadres formés, le coût de la formation ou le calendrier de déploiement des applications restent à préciser.