Le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds social de la République démocratique du Congo viennent de conclure un accord de partenariat financier majeur. Doté d'une enveloppe de 6,6 millions de dollars, ce dispositif bénéficie du financement de la Banque africaine de développement. L'annonce officielle est intervenue le mercredi 4 novembre 2026.
L'initiative se concentre sur le territoire d'Uvira, au Sud-Kivu. Elle vise précisément 3 000 ménages, avec une attention particulière portée aux familles déplacées, aux jeunes et aux femmes cheffes de famille. Le calcul par foyer établit une aide moyenne de 2 200 dollars par unité. L'objectif opérationnel est clair : permettre à ces ménages de développer leurs propres capacités de production alimentaire, de renforcer leurs revenus et de stabiliser leur sécurité nutritionnelle.
Une dynamique d'intervention régionale
Ce nouvel engagement intervient seulement six jours après le lancement officiel du Projet de réponse à la crise en appui aux populations de l’Est (PRECAPE) à Kinshasa. Le 29 octobre 2026, le gouvernement, sous l'égide du vice-Premier ministre de l'Intérieur Jacquemain Shabani, avait inauguré ce programme pour les territoires de Beni, Walikale et Uvira. Bien que le PAM et le Fonds social n'aient pas explicitement lié les 6,6 millions de dollars au PRECAPE, les similitudes opérationnelles sont frappantes. Les deux projets partagent la même agence d'exécution, le Fonds social de la RDC, et visent des objectifs identiques : répondre aux besoins urgents, soutenir les moyens de subsistance et favoriser la création d'emplois locaux.
Un contexte humanitaire sous tension
La situation dans le Sud-Kivu reste critique. Le dixième rapport de situation d'OCHA, publié en septembre, faisait état de 209 000 personnes déplacées réparties sur six territoires. La province lutte également contre une épidémie de choléra ayant causé 245 décès sur 14 115 cas enregistrés, une crise sanitaire aggravée par un manque criant de financements pour la riposte. Au cours du troisième trimestre, les services de l'ambassade britannique ont alerté sur la précarité alimentaire de 500 000 personnes supplémentaires dans l'est du pays, ainsi que sur le sort de 277 461 ménages contraints au déplacement.
La ville d'Uvira traverse par ailleurs une période d'instabilité sécuritaire. Début octobre, les acteurs de la société civile ont tiré la sonnette d'alarme concernant une hausse des assassinats, réclamant un renforcement des mesures de protection. Le 3 novembre, des manifestations ont eu lieu à Uvira, ainsi qu'à Shabunda, Fizi et Mwenga, pour exprimer le rejet du Front pour la refondation de la nation.