Denise Dusauchoy a été placée sous mandat d'arrêt provisoire par le procureur près le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa-Gombe. Cette décision intervient juste après sa première audition judiciaire. L'intéressée avait été extradée vers Kinshasa le lundi 31 août, suite à une interpellation en Tanzanie. Elle est apparue devant les autorités vêtue d'un gilet pare-balles, un sac en bandoulière sur l'épaule.
Les charges retenues contre elle sont lourdes. La justice lui reproche une atteinte à la sûreté de l'État, des injures publiques et une complicité présumée avec la rébellion AFC/M23, un mouvement soutenu par le Rwanda. Son dossier est désormais entre les mains du parquet, qui considère ses actions comme dépassant le cadre de la simple opposition politique sur les réseaux sociaux.
Un parcours politique en mutation
Le profil de Denise Dusauchoy est marqué par un changement de camp radical. Ancienne alliée du régime en place à Kinshasa, elle avait porté les couleurs de la majorité présidentielle lors des élections de 2023. Son discours a cependant basculé après la diffusion publique de vidéos intimes, qu'elle impute directement à l'entourage du chef de l'État. Elle qualifie désormais ses anciens partenaires politiques de bourreaux, multipliant les attaques virulentes sur les plateformes numériques.
Ce revirement s'inscrit dans une chronologie judiciaire chargée. En décembre 2024, elle avait été condamnée pour propagation de faux bruits et injures publiques. Cette condamnation découlait de ses déclarations concernant l'opposant Jacky Ndala, qu'elle affirmait avoir été victime de violences sexuelles lors de sa détention à l'Agence nationale des renseignements en 2022. Après avoir bénéficié d'une libération conditionnelle en mars 2025, elle a intensifié ses prises de position.
Rapprochement avec la rébellion
L'évolution de ses activités l'a menée vers un rapprochement manifeste avec la rébellion de l'AFC-M23. Elle a effectué plusieurs déplacements à Goma, où elle a notamment animé des rencontres avec des groupes de femmes. Au cours de ces échanges, elle a systématiquement critiqué le pouvoir central tout en faisant l'éloge des forces occupant Goma et Bukavu. Ce soutien affiché aux nouveaux maîtres de ces zones constitue un élément central de l'enquête actuelle, alourdissant considérablement sa situation juridique devant les tribunaux congolais.