La MONUSCO a confirmé, ce jeudi 5 novembre 2026, l'évacuation sanitaire d'un officier des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Le militaire, atteint par balle lors d'une attaque survenue à Gina dans le territoire de Djugu, a été transporté vers Bunia dans la nuit du 2 au 3 novembre. Cette intervention a mobilisé une équipe médicale ainsi qu'une ambulance, grâce à une coordination entre les contingents bangladais et népalais de la mission onusienne. Les autorités onusiennes présentent cette action comme une mesure de soutien d'urgence au profit des forces de défense nationales.
La mission onusienne n'a communiqué aucune précision sur l'identité, le grade ou l'état clinique de l'officier blessé. De même, les circonstances exactes de l'attaque, notamment l'heure précise des faits, demeurent inconnues. Aucun bilan n'a été établi concernant d'éventuelles autres victimes, militaires ou civiles, lors de cet accrochage. La MONUSCO attribue cette agression à des éléments de la CRP, un groupe armé pourtant engagé dans un processus de cessez-le-feu.
Un contexte sécuritaire fragile
Cet incident survient alors que la CRP fait l'objet de vives critiques concernant le respect de ses engagements. Le 22 septembre dernier, des tirs avaient déjà été signalés à proximité d'une école à Drodro, seulement quatre mois après la signature du cessez-le-feu. Face à la persistance des hostilités entre la CODECO et la CRP, les parlementaires de l'Ituri et l'Assemblée provinciale ont officiellement réclamé, début octobre à Kinshasa et Bunia, la fin des violences et la mise en place d'un dispositif renforcé pour la protection des populations civiles.
Le territoire de Djugu demeure un point de tension majeure, poussant de nombreux civils à chercher refuge auprès des bases de la MONUSCO. Fin septembre, plus de 3 100 personnes s'y étaient installées suite à des affrontements. Le 13 octobre, ce sont plus de 6 000 déplacés qui ont rejoint ces sites pour échapper aux menaces de la CODECO. Le contingent bangladais, qui a réalisé cette évacuation, avait été distingué en juillet 2026 par les Nations unies pour son engagement dans la protection des civils.
L'Ituri reste sous état de siège, un régime prolongé de quinze jours en août 2026, tout comme au Nord-Kivu. Alors que le mandat de la MONUSCO arrive à échéance le 20 décembre, le gouvernement congolais a placé la protection des civils au cœur de ses priorités dans les discussions avec le Conseil de sécurité des Nations unies. En octobre, la RN27 avait été rouverte sous escorte conjointe FARDC-MONUSCO après le meurtre de trois chauffeurs, témoignant de la précarité des axes routiers dans la province.