Dans un rapport publié le 27 octobre 2026, The Sentry alerte sur les risques liés à la concentration excessive des efforts militaires sur le M23, soutenu par le Rwanda. Selon l'organisation, cette focalisation laisse le champ libre aux Forces démocratiques alliées (ADF) pour étendre leurs activités dans l'est de la République démocratique du Congo. La recommandation adressée à Kinshasa est claire : il faut rééquilibrer les priorités sécuritaires via des déploiements dédiés et des opérations mieux coordonnées. L'objectif est de maintenir une pression constante sur les deux fronts simultanément pour neutraliser les capacités de nuisance de ces groupes armés.
Une menace persistante sur les civils
Les ADF, qui ont prêté allégeance à l'État islamique, demeurent le groupe le plus meurtrier pour les civils dans cette partie du pays. Leurs exactions se concentrent principalement dans les territoires de Beni et Lubero au Nord-Kivu, ainsi qu'à Irumu et Mambasa en Ituri. Les témoignages recueillis par The Sentry décrivent des violences extrêmes : massacres dans des lieux de culte ou lors de funérailles, incendies de maisons, mutilations et viols systématiques. L'enquête souligne également l'enrôlement forcé d'enfants, parfois dès l'âge de neuf ans, pour servir de soldats au sein de cette rébellion active depuis plus d'une décennie.
Bilan mitigé des mesures sécuritaires
Malgré l'état de siège instauré par le président Félix Tshisekedi et les opérations militaires conjointes menées avec l'Ouganda depuis 2021, la situation sécuritaire reste fragile. Si les autorités mettent en avant des résultats opérationnels, plusieurs élus locaux et acteurs de la société civile contestent l'efficacité de ces mesures. Ils estiment que ces dispositifs n'ont pas atteint leurs objectifs et ont, dans certains cas, aggravé la précarité des populations. Plus inquiétant encore, l'activisme des ADF s'est propagé vers le Haut-Uele, une province qui n'était pas touchée avant le lancement de ces opérations.
La situation est d'autant plus complexe que les hostilités persistent entre l'armée congolaise et l'AFC/M23. Malgré l'accord de Washington et le processus de Doha, les engagements pris ne sont pas respectés et les violations du cessez-le-feu se multiplient. Ces divergences politiques et militaires entre Kinshasa, Kigali et les groupes rebelles maintiennent les populations civiles dans une insécurité constante, aggravant une situation humanitaire déjà critique sur le terrain.