Le 5 novembre 2026 marque une séquence diplomatique et politique intense pour la République démocratique du Congo. À Moscou, le président Félix Tshisekedi a rencontré Vladimir Poutine pour solliciter un appui diplomatique renforcé concernant la situation sécuritaire dans l'Est du pays. Le chef de l'État a exprimé son insatisfaction face aux résultats des processus engagés à Washington et à Doha. Il a plaidé pour le renouvellement du mandat de la MONUSCO et a insisté sur la mise en œuvre de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, laquelle exige le retrait des forces étrangères présentes sur le sol congolais. Une feuille de route bilatérale a été proposée, structurée autour de trois piliers : la coopération économique, le soutien aux efforts de paix et une concertation accrue au sein des instances onusiennes. La communauté internationale observe désormais la position que Moscou adoptera avant l'échéance du mandat de la MONUSCO, prévue en décembre prochain.
Un bilan mitigé sur la gouvernance
Parallèlement à ces efforts diplomatiques, le pays fait face à des défis structurels persistants. Selon l'Indice Ibrahim 2026, la RDC occupe le 48e rang sur 54 pays africains, avec un score global de 34 sur 100. La catégorie relative à la sécurité et à l'État de droit constitue le point le plus critique, enregistrant une baisse de 4,3 points entre 2016 et 2025 pour atteindre 27,7. Les mécanismes de lutte contre la corruption ainsi que les libertés d'association demeurent particulièrement faibles. En revanche, le taux de participation citoyenne progresse de 4 points. Si le développement humain reste le secteur le mieux noté, les opportunités économiques, elles, se détériorent. Ce classement place la RDC parmi les dix derniers pays du continent, une trajectoire qui s'oppose à la légère amélioration constatée à l'échelle africaine.
Actualité judiciaire et sécuritaire
Le climat judiciaire est marqué par le transfèrement de l'opposant Prince Epenge à la prison de Makala. Son conseil juridique conteste cette décision, dénonçant l'absence de notification préalable. L'opposant est poursuivi pour propagation de faux bruits dans le dossier lié au décès de Manassé Lomboto, une affaire qui cristallise les tensions entre le pouvoir et l'opposition. Martin Fayulu a réclamé l'ouverture d'une enquête indépendante, tandis que Jean-Marc Kabund a publiquement critiqué les déclarations du président sur ce sujet. Les investigations se poursuivent.
Sur le front sécuritaire, la situation reste volatile. À Kutu, cinq suspects ont été arrêtés et transférés à Bandundu après le braquage d'un convoi de la société SOFICOM sur la RN17. Parmi les personnes interpellées figure le commandant du poste de police d'Isaka. Ce braquage a causé la mort d'un militaire et d'un policier. L'administrateur du territoire a alerté sur la récurrence des attaques sur cet axe routier et demande un renforcement immédiat du dispositif sécuritaire pour protéger les convois bancaires destinés à Nioki. Les recherches pour retrouver d'autres civils impliqués dans cette attaque sont en cours.
Protection de l'enfance et perspectives budgétaires
Au niveau des Nations unies, la RDC a communiqué des avancées concernant la protection des mineurs. En 2025, plus de 5 000 enfants associés aux groupes armés ont été réintégrés. La représentante permanente adjointe a présenté un plan d'action national axé sur la prévention, la protection des mineurs, la lutte contre l'impunité et le renforcement des capacités institutionnelles. Malgré ces chiffres, les violations graves persistent dans l'Est, notamment le recrutement forcé, les enlèvements et les violences sexuelles. Le gouvernement a réitéré l'impératif de maintenir les écoles comme des zones sanctuarisées.
Le projet de budget 2027, soumis par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, prévoit des investissements ciblés. Une enveloppe de 14 091 milliards de francs congolais est allouée à la défense, à la sécurité intérieure, à la diplomatie et à la justice. Ces crédits doivent financer la construction de tribunaux et de prisons, le paiement de primes aux magistrats et le recrutement de personnel à la Cour des comptes. Ce budget global, en hausse de 12 %, reste toutefois soumis aux arbitrages de l'Assemblée nationale et du Sénat. Enfin, dans le domaine sanitaire, le cas de Victoire, un infirmier de Butembo guéri d'Ebola après 23 jours de traitement, illustre le rôle crucial du soutien psychologique. Son rétablissement a été facilité par la présence quotidienne de son épouse, un accompagnement que MSF juge indispensable pour prévenir la stigmatisation des survivants.