Décision gouvernementale
Le 15 septembre, la marche de la coalition C64 pourra se tenir à Kinshasa après accord entre les autorités provinciales et les organisateurs. Le point d'arrivée initial, le Palais du Peuple, a été remplacé par un itinéraire qui converge près du siège de l'ECiDé, à côté de l'école Sévigné et en face du stade des Martyrs.
Le secrétaire général du gouvernement provincial a expliqué que ce réaménagement respecte les lois républicaines, notamment le principe d'inviolabilité du Parlement. Il a souligné que le nouveau tracé évite toute intrusion dans les espaces protégés du Parlement.
Garanties de sécurité
Devos Kitoko, secrétaire général du parti ECiDé, a indiqué que la police, l'armée et les autorités provinciales se sont engagées à encadrer la manifestation de façon pacifique. Cette promesse s’appuie sur l’article 26 de la Constitution, qui assure la liberté de manifestation tout en imposant le respect de l’ordre public.
Les forces de sécurité seront présentes le long du nouveau parcours, depuis le point de départ jusqu’au stade des Martyrs, afin de prévenir tout débordement. Les organisateurs ont reçu l’assurance d’une assistance logistique et médicale en cas de besoin.
Contexte politique
Le même jour, l’opposition prévoit de manifester contre toute modification de la Constitution et de réclamer le retrait de la loi d’organisation du référendum. Les députés nationaux doivent réexaminer ce texte pour y intégrer les clauses interprétatives définies par la Cour constitutionnelle.
La Cour avait jugé le projet de loi conforme, mais conditionné à la suppression, la substitution ou la réécriture de certaines dispositions. Cette décision alimente les tensions entre le gouvernement et les partis d’opposition, qui craignent un affaiblissement du cadre constitutionnel.
Réactions et enjeux
Les leaders de la C64 voient dans ce compromis une reconnaissance de leur droit de manifester, tout en acceptant les limites imposées par les autorités. Le gouvernement, de son côté, cherche à éviter un affrontement direct avec les manifestants et à maintenir la stabilité avant les débats parlementaires sur le référendum.
Les observateurs soulignent que la capacité à négocier un nouvel itinéraire montre une certaine flexibilité du pouvoir, mais que les exigences de l’opposition restent élevées. Le retrait de la loi référendaire reste un point de friction majeur.
Perspectives
Si la marche se déroule sans incident, elle pourrait renforcer la légitimité de la C64 et mettre la pression sur les législateurs pour qu’ils intègrent les modifications demandées. En revanche, tout débordement pourrait justifier un durcissement des mesures de sécurité et une répression accrue.
Le suivi de cet événement sera crucial pour évaluer l’équilibre entre liberté d’expression et maintien de l’ordre public en République démocratique du Congo.