La tension monte à Kimbanseke. Éric Munsi Lwala, président du conseil municipal, a réitéré ce dimanche son appel à la révocation du bourgmestre Jeancy Nganga. Cette position s'appuie sur un vote formel des conseillers municipaux organisé le 16 juillet dernier. Au cœur des revendications figure une enquête sur la gestion de la commune, ordonnée par le ministre de l'Intérieur via un ordre de mission daté du 17 août. Selon le président du conseil, cette investigation n'a toujours pas été lancée. Il réclame une confrontation directe entre les deux institutions pour clarifier la situation et débloquer le fonctionnement de l'administration locale.
Les critiques portent sur les compétences et les méthodes du bourgmestre, en poste depuis novembre 2022. Éric Munsi Lwala, membre de l'UDPS comme le bourgmestre, dénonce une méconnaissance des textes réglementaires et un manque d'expérience administrative. Il accuse Jeancy Nganga de gérer les recettes des marchés communaux sans aucune transparence. De plus, des licenciements ciblés auraient été effectués, visant spécifiquement des agents en désaccord avec les orientations politiques du bourgmestre.
Une gestion contestée et des défis sécuritaires
Le conflit dépasse le cadre de la mairie. Le président du conseil municipal pointe également la responsabilité du gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki. Il lui reproche de freiner l'exécution des directives du ministère de l'Intérieur et de la Sécurité concernant la gouvernance communale. Malgré ces accusations, aucune réaction officielle n'a été enregistrée de la part du bourgmestre ou du gouverneur à ce jour.
Au-delà des aspects administratifs, la situation sur le terrain inquiète les élus. La commune fait face à une insécurité grandissante, marquée par des arrestations jugées arbitraires. Le recours aux « éclaireurs », ces jeunes chargés de désigner des suspects, est vivement critiqué. Par ailleurs, l'insalubrité a repris ses droits dans les quartiers après le retrait des équipes de la task force. Pour l'heure, la demande de révocation reste une requête politique et l'enquête administrative promise n'a pas encore livré ses conclusions.