Le 4 novembre 2026, le vice-premier ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, a déclaré lors d’une interview avec Stanis Bujakera Tshiamala que les responsables politiques qui envisagent de se rendre à Goma pour rencontrer Joseph Kabila le feraient en violation du droit pénal. Il a rappelé que l’article 192 du Code pénal prévoit une peine de un à cinq ans de prison pour quiconque, en temps de guerre, entretient des relations avec des agents d’une puissance ennemie sans autorisation officielle.
Moïse Katumbi, à la tête de la coalition C64, a annoncé que les leaders de cette coalition se rendraient à Goma afin de rencontrer l’ancien président Joseph Kabila, aujourd’hui à la tête du FRN. Shabani a immédiatement réagi en brandissant le Code pénal et en annonçant la saisine des présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, afin d’informer les élus des initiatives qu’il qualifie de « coupables ».
Le ministre a rappelé le contexte sécuritaire du pays : une armée étrangère occupe une partie du territoire congolais, soutenue par des supplétifs congolais. Il a souligné que la loi sur les partis politiques impose aux responsables politiques des obligations strictes, surtout en période de crise sécuritaire. Selon lui, toute prise de contact avec l’ennemi dans un territoire occupé sans l’accord du gouvernement expose les contrevenants à des sanctions pénales.
Le cadre juridique
L’article 192 du Code pénal stipule que toute correspondance ou relation avec des sujets ou agents d’une puissance ennemie, réalisée sans autorisation gouvernementale, constitue une infraction passible d’une peine de servitude pénale de un à cinq ans. Shabani a rappelé que l’ancien président Joseph Kabila avait déjà effectué un déplacement similaire à Goma, se présentant comme négociateur de paix, avant d’être accusé d’être le coordinateur des supplétifs de l’armée rwandaise sur le sol congolais.
Il a également mentionné l’article 102 du même code, conçu pour prévenir les actes de collusion avec l’ennemi. Le ministre a indiqué que le législateur avait anticipé ce type de comportement et que les sanctions prévues s’appliqueraient de plein droit.
Réactions et suites envisagées
Interrogé sur la possibilité de poursuites contre les membres de la C64 – Moïse Katumbi, Matata Ponyo, Jean-Marc Kabund, Martin Fayulu ou Delly Sesanga – s’ils se rendent à Goma, Shabani a affirmé que la République dispose d’un Code pénal et que les lois s’appliquent à tous, sans exception. Il a ajouté que le ministère de l’Intérieur allait informer les deux chambres parlementaires afin que les élus, issus des listes de ces partis, prennent leurs responsabilités face à ces initiatives.
Le président Félix Tshisekedi, qui a déclaré à Moscou qu’il ne dialoguerait pas avec les « supplétifs des Rwandais », a été cité par Shabani comme référence d’une position officielle contre toute forme de collusion. Le ministre a précisé que la porte du dialogue reste ouverte, mais uniquement dans le cadre des initiatives lancées par le président lui-même pour rencontrer la classe politique.
Implications politiques
La coalition C64 affirme vouloir d’abord rencontrer le président Tshisekedi avant de se rendre à Goma, afin de proposer une issue congolaise à la crise et un dialogue national inclusif. Shabani a rappelé que l’ancien président avait déjà suivi le même schéma avant de révéler son rôle réel dans le soutien aux forces étrangères. Il a conclu en insistant sur la nécessité de rendre ces faits publics, tant à l’opinion qu’aux acteurs institutionnels, pour éviter toute légitimation d’actes contraires aux intérêts nationaux.
En résumé, le gouvernement congolais se prépare à agir juridiquement contre toute initiative politique non autorisée qui viserait à établir un contact avec des forces considérées comme ennemies, tout en maintenant le dialogue institutionnel sous le contrôle de l’État.