Un an s'est écoulé depuis la contamination environnementale ayant frappé les zones de Kasapa, Kamatete et Kamisepe dans la commune annexe de Lubumbashi. Ce mercredi 4 novembre, cinq structures de défense des droits humains ont organisé un échange avec les riverains pour souligner le non-paiement des indemnisations. Les résidents des quartiers impactés vivent toujours avec les séquelles d'un déversement massif d'eaux usées saturées en métaux lourds, issues des bassins de rétention de l'entreprise Congo Dongfang Mining (CDM).
Les témoignages recueillis sur place confirment une situation critique. Certains habitants souffrent encore d'infections cutanées et d'œdèmes aux membres inférieurs après un contact direct avec les eaux polluées l'année dernière. Le secteur agricole local reste sinistré, les maraîchères ayant vu leurs récoltes anéanties par l'acidité des sols et de l'eau, entraînant une précarité économique durable pour de nombreuses familles.
Un engagement ministériel resté sans suite
L'Action pour la justice et les droits humains (AJDH) et l'Institut de recherche en droits humains (IRDH) figurent parmi les organisations qui suivent ce dossier. Ces entités rappellent que le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, avait ordonné des sanctions strictes et exigé une réparation concrète des préjudices subis par les riverains. Cependant, si CDM a un temps subi des scellés, l'entreprise a repris sa production sans satisfaire aux obligations fixées par la tutelle.
Hubert Tshiswaka, à la tête de l'IRDH, dresse un bilan des promesses non tenues. Le point central du litige porte sur le versement d'une indemnisation collective de six millions de dollars américains destinée aux communautés. Au-delà de cette enveloppe financière, les attentes incluent le forage d'au moins cinq puits d'eau par quartier, la formalisation d'un accord écrit contraignant entre la société et les habitants, et l'instauration d'un système de suivi écotoxicologique pour la population. À ce jour, aucune de ces actions n'a été engagée par l'opérateur minier, qui a fait savoir par voie de presse qu'il communiquerait ultérieurement sur le sujet.